Une Aurore pour annoncer le crépuscule de la liberté de penser.

Madame Aurore Bergé se pose en mètre étalon de la moralité en menaçant tous les hommes politiques qui, à ses yeux, légitiment la violence contre les CRS de les dénoncer au Procureur de la République.
Autrement dit : Ou ils aboient avec les loups gouvernementaux, ou on les fera taire.
J’ai déjà vu ça en Espagne, avant 1975…

A Madame Aurore Bergé et tous les donneurs de leçons d’une certaine vision de la République.

Madame,
vous fustigez tous les politiciens qui ne s’associent pas à VOTRE vision de la République et du droit.
Vous menacez même de dénoncer au Procureur ceux qui refusent de condamner explicitement et abruptement les violences faites aux policiers (que je n’arrive pas à appeler « des forces de l’ordre » et je vous l’explique plus bas).

Je constate simplement que votre silence est assourdissant concernant les violences policières avérées, prouvées, filmées.

Il y a trois genres de personnes qui se doivent d’être irréprochables sur les plans éthique et moral :
- Les politiciens qui font les lois.
- Les policiers qui doivent les faire respecter.
- Les Juges qui doivent sanctionner ceux qui les transgressent.
Hors de ces préceptes, qui ne sont pas négociables, il n’est point de légitimité pour eux.

Les chroniques judiciaires nous montre à quel point les premiers ne sont globalement pas dignes de leurs fonctions, y compris dans le parti présidentiel.

Les actualités se font échos des nombreux débordements des deuxièmes.

Et les troisièmes n’ont pas toujours l’indépendance nécessaire pour effectuer sereinement leur travail. Le pouvoir s’ingérant dans la Justice pour dicter leur conduite aux Juges, ceux-ci n’ont pas toujours la carrure de renvoyer les politiques dans leurs prérogatives. On a donc une Justice « à la botte » du pouvoir.
Ca me rappelle qu’à une certaine époque, un seul Juge en France avait refusé de faire allégeance au maréchal Pétain lorsqu’on leur a demandé de condamner lourdement et même à mort des colleurs d’affiche…

Un homme, à mains nues, a donné deux ou trois coups de poings sur la carapace d’un policier passablement blindé pour ne rien sentir, et ça vous révulse. Ca vous révulse tellement que vous exigez une mise en rang et au garde à vous de toute la classe politique pour condamner celui qui, tout seul, a fait reculer une dizaine de policiers blindés et armés.

Autre cas de boxeur :
Didier Andrieux, commandant régional devant gérer 400 policiers perd ses nerfs et frappe à coups de poing un homme totalement neutralisé par ses collègues. Pris dans l’ambiance il poursuit son pugilat sur des gilets jaunes pacifiques et là, il n’y a personne dans le gouvernement et votre parti pour s’insurger contre le sadisme de ce flic, nouvellement promu à la Légion d’horreur ! Pire, vous l’excusez au prétexte fallacieux qu’il a été pris à parti précédemment par d’autres manifestants. C’est quoi cette notion de la justice qui permettrait à un flic de taper n’importe qui sous prétexte qu’il avait reçu un coup par un autre manifestant…
Accepteriez-vous de vous faire frapper par votre concierge au prétexte qu’elle s’est crêpée le chignon avec la voisine du 3e ? C’est du pareil au même.
Comment dès-lors vous étonner de ne pas voir l’ensemble de la classe politique bêler en cœur avec vous ?

Il y a des centaines de dénonciations de violences policières et vous restez muette, pas même de rappel à l’ordre des policiers, RIEN.
Comment pouvez-vous espérer être crédibles dans ces conditions.
Celui qui cautionne un acte illégitime s’en rend complice. Celui qui excuse les violences policières injustifiées abaisse sa moralité celle des individus qu’il protège. Agissant ainsi, c’est toute la police qui est salie, mais la majorité des policiers ne méritent pas ce dénigrement.
Des policiers qui travaillent comme certains de vos CRS, Il y en avait en Europe, ils travaillaient pour la STASI, la Guardia Civile, pour la Savak en Iran, le KGB en URSS, etc.

Il n’y a pas de profession exempte de mauvais sujet, pas même la prêtrise pourtant bien contrôlée par son dieu…

La société est un hologramme géant. De quelque façon que vous puissiez la diviser, vous trouverez toujours les mêmes proportions de saints, de salauds, de voleurs, de menteurs, de faignants, etc.
Je vois juste trois facteurs qui peuvent fausser la statistique :
- la tendance pédophile dans les métiers en relation avec l’enfance.
- le tempérament violent et dominateur dans les professions d’ordre et de répression.
- la fatuité dans les métiers de paraître (artistes, politiciens).

Vous êtes bien jeune en politique, permettez-moi donc de mettre au point quelques données dont vous semblez ignorer la portée.

Tous les politiciens de France et de Navarre se gargarisent du mot « Démocratie ». On le croise à tous les coins de phrases comme une litanie ou une incantation.
Savez-vous ce qu’il veut dire ?

Ce mot nous vient de la Grèce antique, laissons-lui donc le soin de l’expliquer :
C’est la contraction des mots Démos et Kratos qui se traduisent par :
Démos = le peuple
Kratos = le pouvoir
La Démocratie est donc un régime politique où c’est le peuple qui a le pouvoir.
Ca me semble donc suffisamment éloigné de l’autocratie élective française qui fait que le peuple abdique son pouvoir auprès d’un représentant qui s’empresse de le trahir, pour qu’il ne puisse y avoir de confusion.

Mais peut-être faut-il que je vous explique qui je suis.
J’ai une triple culture suisse, italienne et française, ce qui me donne un angle de vision beaucoup plus large que beaucoup de politiciens ou de journalistes qui gravitent depuis toujours dans l’orbe du pouvoir français. Je suis aussi un observateur de la politique depuis plus de 50 ans, c’est vous dire si j’ai déjà assisté à un nombre incalculable de « coups fourrés » et de duperies politiques…

En fait, il n’y a, à ma connaissance que deux pays dans le monde qui puissent sans rougir, parler de Démocratie : La Suisse, que je connais bien, et, semble-t-il, la Californie.
Pour que vous puissiez prendre la mesure du chemin à parcourir en France avant de prétendre pouvoir utiliser ce mot, la démocratie en Suisse, c’est :

- Des élections intégralement à la proportionnelle. Le gouvernement élu est ainsi issu de 4 partis différents (de la gauche modérée à l’extrême droite), en proportion exacte du nombre de leurs suffrages.

- Ce n’est pas le Gouvernement qui édicte les lois, mais le parlement.

- Un Conseiller Fédéral (ministre) prend son train comme tout le monde, tout au plus lui accorde-t-on le privilège de voyager en première classe.

- Toutes les lois sont soumises au référendum facultatif (ce RIC, qui est le poil à gratter de votre Premier Ministre). Si 50'000 électeurs le demande, la loi passe en vote populaire. Et si c’est non, c’est non ! Pas besoin de mettre le pays à feu et à sang pour se faire entendre…

- Les modifications constitutionnelles sont soumises au référendum obligatoire, avec la nécessité de la double majorité (les électeurs et les cantons (départements)).

N’allez surtout pas croire que c’est possible car c’est un petit pays car la Suisse cumule les handicaps (ou vu comme tels depuis l’étranger) :

- Il y a 4 langues nationales, dont une qui représente 80% des habitants, et pourtant, la protection des minorités est si forte que tout se passe globalement bien.

- Il y a 26 législations cantonales pour assurer 80-90% de la gestion du pays.

- Il y a deux religions de force égales (en plus de toutes les minoritaires)

- La Suisse à 27% d’étrangers, provenant de plus de tous les pays du Monde.

- Il n’y a pratiquement jamais de grèves, patrons et syndicats ayant l’obligation de négocier.

- Le taux de chômage en Suisse est inférieur à 2,8%.

- Le Taux de TVA est à 7,7%.

- Tous facteurs pris en compte, le pouvoir d’achat des salariés est environ 10% supérieur à celui des Français.

- Les seuls SDF sont ceux qui ne veulent pas des mesures sociales mises en place.

- Les coûts de main d’œuvre à l’exportation sont plus du double de la main d’œuvre française et pourtant la Suisse s’en sort globalement bien car elle a misé sur l’excellence.

Pourquoi parler d’autocratie élective ?
Là encore, c’est la faute aux Grecs.
Autos = soi-même
Kratos gardant toujours sa définition de pouvoir.
L’autocratie est donc une autre façon de définir une dictature.
« élective » car le peuple a juste le droit d’avaliser un choix déjà fait en « hauts-lieux » par la Phynance. N’est pas membre du Bildersberg qui veut, sans devoir y payer son tribut. Autrement dit, un politicien ne va pas au Bildersberg pour y exposer ses idées, mais pour y prendre ses ordres de mission.
Vouloir donc confondre une autocratie élective avec une Démocratie est une duperie.
Autres duperies, et non des moindres :
Sur tous les frontons des bâtiments publics sont gravés « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Or, ce sont les noms des défunts que l’on grave sur des stèles.

Où est la Liberté lorsqu’elle est subordonnée à une autorisation préfectorale ?

Où est l’Egalité au vu des cadeaux faits aux milliardaires et les honteuses ponctions faites aux gens de peu… Où est l’Egalité lorsque les PDG ont 15% d’augmentation annuelle de revenus et les retraités doivent se contenter de 0,3%, soit 8 fois moins que l’inflation.
La fortune de Bernard Arnaud a augmenté de 30'000 millions d’Euros depuis l’avènement de votre président. Sans preuves flagrantes, je ne prends en compte que la notion de durée.
Coluche disait que le problème, en France, c’est qu’il y en a qui sont plus égaux que les autres…

Quant à la Fraternité… Si on demandait aux 150'000 SDF ce qu’ils en pensent, ou aux 4 millions de mal logés, ou à tous ceux qui, même dans les administrations, touchent moins que le SMIC, à tous les fonctionnaires qui travaillent aussi durement que la police et qui n’ont pas aussi eu droit à une augmentation de salaire, ETC :

Votre président cherche des voies pour redresser la France ? Je ne crois pas que les recettes bancaires soient efficaces…
Donc non, par décence, vous devriez vous abstenir d’utiliser certains mots qui deviennent des grossièretés dans les discours de votre gouvernement.

Parlons un peu des violences policières, si vous le voulez bien…
Je veux bien admettre que vous ne puissiez en prendre la vraie mesure, tant elle est ancrée dans la 5e République, et cela, dès son origine, donc bien avant votre naissance.

La 4e République a été la plus représentative du peuple français. Il ne lui manquait que la pérennité du gouvernement qui aurait du pouvoir être élu pour l’ensemble de la législation, sans révocation possible. Il eut alors été impossible de renverser le gouvernement 3 fois par semaine…
Mais cette République, avec une Assemblée Nationale élue à la proportionnelle n’a pas plu à tout le monde, à commencer par Charles de Gaulle.
Les députés qui lui étaient favorables ont tout fait pour renverser la 4e République, la rendre ingouvernable, allant faire le coup de poing sur leurs contradicteurs. C’est là que de Gaulle a fait son coup d’état. Il s’est fait concocter une constitution aux petits oignons pour sa mégalomanie, se réservant le droit de décider de tout, même par-dessus un parlement qui pourrait lui être défavorable. Les députés n’ayant donc qu’un rôle de béni-oui-oui. Voilà pourquoi la République française est autocratique. Et voilà pourquoi depuis les députés ne pensent plus par eux-mêmes comme si la députation de la majorité ne disposait que d’un seul cerveau, celui du patron… D’ailleurs, ceux qui ont l’outrecuidance de ne pas s’aligner sur la ligne officielle se font vertement tancer.
Non content d’avoir tous les pouvoirs, de Gaulle a voulu une milice au service de son parti. Foccart et Pasqua lui ont donc concocté le SAC.
Le Service d’Action Civique. Ce sont eux qui allaient bastonner les colleurs d’affiches communistes (entre-autres).
De qui et de quoi le SAC était-il fait ?
- De militants d’extrême droite.
- D’anciens militaires.
- De malfrats (le célèbre gang des Lyonnais en était)
- De policiers en retraite et en service.
Mais oui ! le motif qui a permis à Mitterrand de prononcer sa dissolution juridique a été la tuerie d’Auriol (toute la famille d’un flic massacrée). C’était un règlement de compte entre policiers pour une sombre histoire de détournement d’argent volé.
Donc ce SAC était partie intégrante de la police française.
Très rapidement, le SAC ne s’est plus contenté de petites bastonnades minables, il lui fallait du panache.
De Gaulle et le Préfet Maurice Papon (oui, celui qui déporta des juifs durant la guerre), allaient donner au SAC une occasion magistrale de montrer son efficacité :
le 17 octobre 1961, les Algériens défilent pacifiquement dans Paris pour réclamer l’indépendance. Une fausse nouvelle circule chez les policiers : 5 gardiens de la Paix auraient été tués par les manifestants. L’occasion pour Papon et le SAC de lâcher leurs chiens (excusez-moi pour les chiens, je n’ai pas d’autre image plus parlante) et les hôpitaux de Paris pourront établir un bilan de 256 morts, tous maghrébins, tués par tabassage. Au soir du 17 octobre, il y avait 36'000 arrestations. Durant des années, en draguant la Seine, les éboueurs relevaient des cadavres menottés…
La « question qui tue » posée à l’issue d’interrogatoires « musclés » était : « Tu sais nager ? » C’était juste pour savoir s’il fallait le menotter avant de le balancer dans la Seine.
En 1966, j’ai participé à une manif contre la bombe atomique. J’étais avec un personnage emblématique de la contestation que tous les vieux Parisiens ont connu : Mouna.
Il était aussi très connu des forces de répression. Un flic lui a alors posé la question devant tout le monde : Tu sais nager ?
Réponse de Mouna : Pourquoi cette question ?
Réponse désenchantée du flic : Oh…pour rien…

Sachant que le SAC était formé pour un tiers de flics, c’est la police, le Préfet Papon et de Gaulle qui portent l’entière responsabilité de ce massacre, que très courageusement, les gouvernements français ont toujours refusé de reconnaître, malgré les preuves. Mais ce n’est pas la seule saloperie gouvernementale qui reste « oubliée » de la caste politique. L’abandon des harkis sur le sol algérien en est une autre de taille qui fit 60'000 morts, mais c’est une autre histoire.

Mai 1968, la révolte estudiantine se passe plutôt bien. C’était la première ouverture de Paris-Plage, sans avoir eu besoin de transporter du sable…
Les syndicats font la jonction avec les étudiants, on marche vers une grève générale dure.
Le pouvoir a peur et le SAC entre en action sous l’appellation « les Katangais ». Ils sont violents, ils cassent tout, ils tabassent à tout va et les CRS entrent en action.
de Gaulle disparait durant 48 heures. On saura après qu’il a été à Baden-Baden, en Allemagne, s’entretenir avec les généraux français pour savoir si l’armée le suivrait si son gouvernement était renversé.
Devant la violence, la rue se désolidarise de la contestation, les syndicats rentrent dans le rang, le mouvement est mâté. Officiellement, les Katangais sont arrêtés et condamnés, mais ils ne verront jamais les geôles de France…

La recette de la provocation policière étant tellement efficace, on en retrouve dans toutes les manifestations, celles des gilets jaunes ne faisant pas exception à la règle.
Les chiffres peuvent révéler des vérités cachées…
l’acte 1 des gilets jaunes a vu 2'000 arrestations de manifestants, dont UN SEUL casseur. Expliquez-moi comment il peut ne pas y avoir de collusion dans un tel cas…
Si l’on me demandait de faire arrêter les casseurs, je mettrais les flics en civil, parmi les gilets jaunes équipés d’une caméra piétonne. Ils pourraient intercepter les casseurs au premier acte de déprédation, avec la preuve filmée des exactions. Ce n’était manifestement pas le scénario privilégié par le premier flic de France

La première personne dans le pays à devoir s’insurger contre les débordements des flics, c’est leur patron. Or, que fait-il ? Il leur offre encore plus d’armes invalidantes, voir létales.
J’aimerais avoir votre avis sur le tir de flashball qui a tué une octogénaire qui fermait ses volets au 2e étage de son immeuble, à Marseille. Une erreur de tir de 10 mètres en hauteur, ça s’appelle un meurtre parce qu’erreur de tir de cette amplitude est impossible pour un professionnel.

Faut-il vous le rappeler que la police française est la seule d’Europe à utiliser ces armes ainsi que les grenades lacrymogènes ou de « désencerclement ». Il faut aller du côté de la police de Poutine ou des Républiques bananières pour réprimer des manifestations de cette manière. Je ne suis pas certain que le pays des droits de l’Homme puisse s’enorgueillir d’une telle parenté.

Il y a eu des violences à Paris, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Marseille, Toulon, pour ne pas citer tous les lieux.

A Rodez et dans tout le département de l’Aveyron, y compris au péage du pont de Millau, il y a eu énormément de lieux occupés. Il y avait des gilets jaunes partout et pourtant aucune violence. Pourquoi ?
Madame la Préfète a rapidement pris la mesure de l’ampleur des manifestations et des dangers potentiels qui en découlaient. Elle a donc donné consigne aux policiers d’accompagner les gilets jaunes, d’assurer leur sécurité et de s’assurer que, moyennant un délai raisonnable, le trafic pourrait encore se faire.
Un policier m’a dit, mi-amusé, mi-surpris, que c’est la première fois de sa carrière qu’il a mission de protéger des manifestants.
Chapeau à Madame la Préfète, et votre ministre du désordre ferait bien de s’inspirer de ses méthodes, si son but n’est pas de pourrir la situation.

C’est pour tout ça et encore bien d’autres choses que je trouve vos exigences de « moralité politique » incongrues.

L’Histoire qu’on vous apprend dans les écoles est censurée, les informations que l’on vous donne sont partielles, voir pipées. Apprenez à apprendre par vous-même, auprès de sources multiples et différentes. Apprenez à penser avec vos propres neurones, et vous verrez que la réalité n’est pas ce que vous défendez.

La politique répressive de votre gouvernement amènera la France au chaos et à des actes de violence mortelle.
Ceci n’étant pas une menace, mais le constat froid et lucide d’une situation qui vous dépasse.
Prenez garde que la peste brune submergera la peste verte (couleur du dollar).
Pauvre France…